J’ai passé un an en échange universitaire à l’université de Rikkyo, à Ikebukuro, Tokyo. Cette université est très réputée au Japon.
Cette opportunité m’a été donnée en dernière année de licence en Langues Étrangères Appliquées (LEA) Anglais-Japonais à l’université d’Orléans. Comme mes résultats, surtout en japonais, étaient excellents, j’étais plutôt privilégiée au niveau du classement des candidats. Beaucoup d’universités sont en partenariat avec celle d’Orléans, et il était difficile pour moi de me décider, mais comme j’avais l’objectif de faire ma vie au Japon, j’ai demandé à mes amis japonais quelle était la meilleure université de Tokyo disponible en échange, pour pouvoir ensuite avoir toutes mes chances lors d’une potentielle recherche de travail à Tokyo.
C’est alors que l’on m’a recommandé Rikkyo, une des universités du rang que les japonais appellent « MARCH », c’est-à-dire les universités de Meiji, Aoyama, Rikkyo, Chuo et Hosei, qui font partie des plus prestigieuses après les universités de Tokyo, Kyoto, Waseda ou Keio (il y en a quelques autres je crois). Les étudiants japonais sortant de ces universités sont considérés comme l’élite japonaise et pour la majorité embauchés dans les grandes entreprises du pays.
Pour moi, faire un échange à Rikkyo était la porte du Graal qui allait me permettre de commencer une carrière brillante ici, sans avoir à passer les examens d’entrée comme les japonais, en japonais donc. À l’époque j’avais déjà le JLPT N3, mais mon niveau n’était pas suffisant du tout pour de tels examens.
Être acceptée et logée près du campus
Bref, à ma plus grande joie j’ai été acceptée en échange à Rikkyo, de 2019 à 2020, alors qu’il n’y avait que deux places dans cette université (pour les étudiants de l’université d’Orléans). J’ai même eu une bourse assez importante grâce à mes bons résultats, et j’ai pu être logée dans une résidence universitaire près du campus, donc je n’ai pas eu grand chose à payer de ma poche.
Il est important de noter que pour cet échange, les frais de scolarité de l’université d’Orléans s’appliquaient et non ceux de Rikkyo, et qu’au terme de l’échange j’ai naturellement été diplômée de l’université d’Orléans et non de Rikkyo.
Le quotidien d’une étudiante en échange
Pendant l’échange lui-même, au début j’avais une buddy (une étudiante de Rikkyo qui pouvait m’aider en cas de besoin), et il y avait beaucoup d’événements pour accueillir les étudiants étrangers. Je sortais souvent à Ikebukuro et j’étudiais à la bibliothèque du campus ou dans des cafés.
Pour les cours, je devais choisir, parmi une liste de cours en anglais, ceux qui se rapprochaient le plus possible des cours auxquels j’aurais assisté à Orléans. Pour ma licence, cela incluait des matières comme l’économie ou la compta, des cours d’histoire puis des cours de japonais. Pour ces derniers, les étudiants étrangers devaient passer un test d’aptitude propre à Rikkyo en début d’année pour être répartis en classe selon leur niveau.
Dans mon cas, j’étudiais déjà pour passer le JLPT N1 trois mois après mon arrivée à Tokyo, donc j’avais déjà un plutôt bon niveau. J’ai alors eu des cours de grammaire, de kanji, ou de conversation de mon niveau. Mais je ne vous cache pas que pour moi cela n’avançait pas assez vite, ce qui m’a poussée à étudier à côté pour réussir le N1. J’étais pressée car j’étais persuadée qu’obtenir le JLPT N1 me faciliterait grandement la future recherche de travail (et bingo, je l’ai eu ! C’était ma 3ème année à apprendre le japonais. Je vous en parlerai dans un autre article).
Les deux choses les plus dures
Les deux choses les plus dures pendant cet échange ont été ma recherche de stage puis l’arrivée du Covid quelques mois après le début de l’échange.
La recherche de stage
En effet, pour avoir mon diplôme de LEA, je devais trouver un stage en entreprise au Japon et en rédiger une synthèse pour la présenter devant un jury.
Malheureusement, malgré mon niveau de japonais intermédiaire à l’époque et plusieurs candidatures, je n’ai pas trouvé de stage, ce qui m’a énormément stressée pendant les premiers mois de mon échange. De ce que l’on m’a dit, les entreprises embauchant de jeunes étrangers sans expérience pour un contrat partiel, c’était encore assez rare (maintenant cela semble assez courant dans les grandes entreprises de consulting par exemple), et je n’avais aucune connexion particulière qui aurait pu me présenter à un recruteur. Plus le coronavirus qui compliquait les choses.
Alors que les mois avançaient et que j’étais désespérée par cette recherche infructueuse, j’ai fait part de ma situation aux professeurs référents de mon université en France. Ils ont accepté de reconnaître mon job étudiant (arubaito) dans un restaurant en tant que stage en entreprise, à mon plus grand soulagement. En effet, j’ai fait serveuse pendant quelques mois jusqu’à ce que la crise du Covid commence.
L’arrivée du Covid
Par rapport au Covid, au Japon nous n’étions pas obligés de rester confinés (bien que la plupart des Japonais restaient confinés), donc personnellement je n’ai pas mal vécu cette période. Mais le fait que les cours soient devenus en ligne du jour au lendemain, qu’il n’y ait plus beaucoup d’événements et d’étudiants sur le campus, a un peu gâché mon échange. Après les cours, je sortais faire mes courses ou me promener pour profiter du Japon comme je pouvais, mais c’est vrai que je me suis sentie très seule, n’ayant en plus de ça pas pu me faire énormément d’amis au début à cause de ma recherche de stage très prenante.
Un bilan en demi-teinte, mais une suite
Globalement, cet échange n’a pas été ce qu’il aurait pu être, mais j’ai quand même pu le vivre sans trop de stress. Et surtout, j’ai réussi à être prise pour le Master in International Business de l’université de Rikkyo, master en continuité avec ce que j’avais étudié pendant ma licence. Donc je n’ai pas eu à rentrer en France et j’ai pu commencer mon Master sur la lancée. Je parlerai de cette expérience dans un prochain article.
Si vous avez des questions concernant mon expérience d’échange universitaire, n’hésitez pas à me contacter ou à laisser un commentaire ci-dessous.
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